Les Murins

Émissions sonores des Murins (ici Murin de Natterer) : Fréquence Modulée Abrupte

En hétérodyne (comparaison de fréquence en direct)

 

En expansion de temps (son ralenti 10 fois)

 

 

Le Grand murin, Myotis myotis

Le Grand murin est une grande chauve-souris à l’aspect robuste. Le museau, couleur chair à caramel, est large et massif et est surmonté de grandes oreilles roses. Le pelage dorsal est très dense de couleur uniformément brun et contraste nettement avec le ventre qui lui est blanchâtre.

L’espèce est bien présente en Limousin même si elle se fait plus rare sur l’Est de la région sans doute du fait de l’enrésinement plus que de l’altitude.

Les femelles se regroupent pour la mise-bas et pour élever leur seul jeune de l’année dans des bâtiments ayant des charpentes spacieuses et chaudes. Les grands murins hibernent essentiellement dans des grottes, mines, carrières, cave, barrage et autres souterrains.

C’est une espèce forestière qui aime les vieilles forêts feuillues de hêtres et/ou de chênes ainsi que les forêts mixtes ; l’essentiel étant d’avoir un sous-étage arbustif très peu présent et un sol dégagé pour y chasser ses proies de prédilection : les carabes et les bousiers. La forêt ne constitue pas son seul territoire de chasse car il prospecte également le milieu bocager et les pâtures au sein desquelles il peut capturer de grosses proies. Le Limousin, de par la présence d’un couvert forestier important et d’une agriculture paysanne tournée principalement sur l’élevage extensif, constitue ainsi une région favorable à cette espèce.

 

Le Petit murin, Myotis blythii

Le Petit murin n’a de petit que le nom car il est quasiment aussi grand que son « cousin », le Grand murin. Tout comme ce dernier son pelage dorsal est brun et son ventre est gris-blanc. Le museau est proéminent et couleur rosâtre, parfois plus foncé. Les oreilles sont larges et longues et présentent un tragus pointu de couleur clair sans point noir à l’extrémité.

En France, l’espèce est présente de façon fragmentée au sud d’une ligne reliant Bordeaux à Belfort. En Limousin, l’espèce est rare et aucune colonie de reproduction n’est connue jusqu’à présent. En revanche, suite à une capture où l’identification a été formelle, plusieurs individus occupent le site Natura 2000 des Abîmes de la Fage situés en Corrèze.

Si morphologiquement il est difficile de distinguer les deux espèces, Petit et Grand Murin, la différence est nettement marquée concernant la niche écologique utilisée. Le Petit murin est une espèce qui exploite les paysages ouverts et notamment les prairies de fauche, les prairies humides et les zones de pâturage extensif au sein desquelles il chasse majoritairement les sauterelles et les grillons mais aussi les tipules. Il évite les grands massifs forestiers, ce qui peut expliquer sa rareté en Limousin. En hiver, il est exclusivement cavernicole et se retrouve souvent en essaim avec le Grand murin, ce qui le rend encore plus difficile à distinguer. Son gîte de mise-bas peut être anthropique (grenier, ponts, barrages, etc.) ou cavernicole et majoritairement en cohabitation avec d’autres espèces. L’espèce est sédentaire avec généralement une quinzaine de kilomètres à parcourir entre ses sites d’hiver et ses gîtes d’été.

 

Le Murin de Daubenton, Myotis daubentonii

Le Murin de Daubenton appartient au groupe des petits « Myotis » ou murins de petite taille. Son pelage dorsal est court, brun clair à gris-brun et contraste légèrement avec le ventre lequel est blanc-gris. Chauve-souris « pêcheuse », le Murin de Daubenton possède de grands pieds lesquels sont pourvus de longues soies sensorielles.

En France, l’espèce est présente partout et commune. Il en va de même pour le Limousin.

Le Murin de Daubenton est une espèce liée à l’eau et au boisement. Il chasse en au-dessus des eaux calmes (étangs, mares, rivières, etc.) effectuant des arabesques à une dizaine de centimètres de l’eau pour capturer les émergences d’insectes. Il aime longer les ripisylves et s’engouffre régulièrement dans les allées et sous-bois qui bordent les berges. Le vent, qui provoque des rides à la surface de l’eau, va le déranger pour chasser de même qu’une végétation aquatique trop abondante (ex : lentilles d’eau). En été, le Murin de Daubenton va majoritairement utiliser les cavités arboricoles pour s’installer ou les infrastructures liées à l’eau ; telles que les disjointements des ouvrages d’art et des tunnels pour les sites d’origine anthropique.

 

Le Murin de Bechstein, Myotis bechsteinii

Le Murin de Bechstein est une chauve-souris de taille moyenne qui présente de longues oreilles, lesquelles dépassent légèrement du museau lorsqu’elles sont orientées vers l’avant. Le ventre blanc-jaunâtre, contraste nettement avec le pelage dorsal brun-roux.

En Limousin, le Murin de Bechstein est une espèce rare pour laquelle très peu de gîte de reproduction sont connus, principalement du fait de ses mœurs arboricoles.

Le Murin de Bechstein appartient aux espèces dîtes strictement forestières. Elle gîte, hiver comme en été, au sein des arbres dans les cavités et les fissures créées par les aléas climatiques, les maladies ou les animaux perforateurs tels que les pics. Cette espèce est très sédentaire aussi bien lors de l’intersaison qu’en activité de chasse ; elle ne s’éloigne que rarement à plus d’1 km de ses gîtes. Sur sa saison d’activité, elle va utiliser plus d’une quarantaine de cavités. On comprend ainsi, le besoin pour cette espèce d’avoir des massifs suffisamment âgés pour pouvoir perdurer sur un secteur.

 

Le Murin à oreilles échancrées, Myotis emarginatus

Le Murin à oreilles échancrées présente un pelage laineux dense brun-roux, souvent à l’aspect ébouriffé. Le contraste avec le ventre est très peu marqué, de même que le contraste entre le pelage dorsal et le museau ; donnant une impression de continuité sur ce dernier. En France, l’espèce est présente de façon hétérogène.

En Limousin, l’espèce est rare sauf dans le sud de la Corrèze. L’espèce utilise une multitude de milieux et chasse aussi bien dans les forêts feuilles, les prés-vergers que dans les parcs et les jardins. Elles chassent également dans les zones de pâtures à moutons et les étables, à la recherche d’une de ses proies de prédilection : les mouches.

Ses gîtes de mise bas sont essentiellement en milieu bâti (étables, combles, greniers) au nord de son aire de répartition et davantage en milieu souterrain au sud. Les colonies forment des essaims denses souvent sur plusieurs couches et très régulièrement en cohabitation avec d’autres espèces, rhinolophes notamment. Ce murin utilise un réseau de plusieurs gîtes. Les effectifs peuvent ainsi régulièrement varier dans ces derniers au cours de la saison d’activité

 

Le Murin à moustaches, Myotis mystacinus

Le Murin à moustaches appartient au groupe des « museaux à sombre » de petite taille. Son pelage dorsal est gris-brun, très sombre, avec des reflets légèrement plus clairs dans les parties les plus longues. Confusion possible avec le Murin de Brandt et le Murin d’Alcathoé, la distinction entre ses trois espèces est incontestablement difficile.

En France, l’espèce est particulièrement présente dans la partie Nord. En Limousin, elle est présente dans les trois départements d’après les contacts acoustiques mais l’état des populations n’est pas connu.

Le Murin à moustaches est une espèce fréquentant les milieux mixtes, ouverts à semi-ouverts, telles que les zones boisées, d’élevage, les jardins, les milieux forestiers et humides. Les terrains de chasse de cette espèce semblent flexibles allant des prospections des zones humides aux milieux urbains et forestiers.

En été, Myotis mystacinus va convoiter des gîtes d’espace à disjoints plats tels que les bolets ouverts, les bardages ou les disjointements des ponts.

 

Le Murin de Natterer, Myotis nattereri

Cette espèce est caractérisée par la présence de longues oreilles lesquelles se relèvent à l’image d’une spatule de ski à leur extrémité. Le tragus est long, légèrement arqué et plus long que la moitié de l’oreille.

En France l’espèce est commune, tout comme en Limousin où cependant les effectifs restent faibles.

Le Murin de Natterer est une espèce ubiquiste. Ainsi, on le rencontre aussi bien dans les massifs forestiers que les milieux agricoles ou au sein des villages. L’espèce préfère néanmoins chasser au sein des massifs feuillus anciens en exploitant les allées forestières et les lisières mais également le feuillage dense grâce à un vol manœuvrable. Il prospecte également les prairies fraîchement fauchées et les ripisylves des eaux calmes, les vergers et les milieux bocagers.

 

 

Le Murin de Brandt, Myotis brandtii

Il s’agit également d’une espèce appartenant au groupe des murins à museau sombre. Il présente un museau noir à sombre surplombé de grandes oreilles noirs qui s’éclaircissent vers le rose au fur-et-à-mesure que l’on rentre à l’intérieur du pavillon. Le tragus dépasse l’échancrure de l’oreille. Son pelage dorsal est long, brun clair à brun sombre, avec des pointes dorées pour les individus les plus âgés (> 6 ans). Le pelage ventral est plus clair, blanc à gris mais sans contraste tranché avec celui du dos.

En France, il se cantonne principalement sur la façade est. En Limousin, il est contacté dans les trois départements, principalement au détecteur et en capture. Globalement, c’est une espèce dont les distributions locale et générale sont mal connues.

Le Murin de Brandt est lié principalement à la forêt. Il évolue au sein des forêts de tout type, feuillues et/ou résineuses, et exploite également les haies et les bosquets. En Limousin, c’est l’espèce de Myotis qui semble le mieux supporter l’enrésinement. Il préfère hiberner dans les cavités souterraines, de façon isolé. En été, les colonies vont préférer les arbres et toutes les anfractuosités disponibles (loges, fissures, écorces, etc.). Des colonies peuvent également coloniser les bâtiments notamment au niveau des linteaux, des chevrons, les volets et le bardage. Il peut former des colonies mixtes avec le Murin à moustaches. L’espèce peut exploiter jusqu’à 13 terrains de chasse en une nuit et s’éloigner à plus de 10 km de son gîte pour chasser dans les milieux favorables.

 

Le Murin d’Alcathoe, Myotis alcathoe

Le Murin d’Alcathoe est une espèce « nouvelle » décrite seulement en 2001 mais découverte en 1970. C’est le plus petit Myotis d’Europe. Il ressemble à la fois au Murin à moustaches et au Murin de Daubenton.

En France, elle est connue sur l’ensemble de l’hexagone mais son statut est indéterminé. En Limousin il en va de même, bien que l’espèce soit plus régulièrement contactée au détecteur à ultrasons depuis quelques années.

Le Murin d’Alcathoe est une espèce inféodée au milieu forestier aussi bien quant à ses terrains de chasse que dans l’utilisation de ses gîtes de mise bas ou ses sites de transit. Il semble préférer les milieux forestiers qui présentent une forte proportion de milieux humides de tous genres (zones humides, cours d’eau, mares, etc.). Certaines observations tendent à montrer que l’espèce est davantage contactée dans les secteurs peu touchés par la sylviculture (vallée encaissée, forêts sur pente, etc.) mais aucune étude n’a réellement prouvée la chose pour le moment. De même, l’espèce serait capable de coloniser le bocage dense en cas de raréfaction des massifs  forestiers feuillus. Les gîtes de mise bas connus à l’heure actuelle sont tous arboricoles (loge de pics, fissures, décollement d’écorces, caries, etc.) et généralement proches de milieux humides (< 100m).


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